Culture et épanouissement (I)

Ngog Lituba, en Belle-Contrée ( « Niceland », en anglais), est, selon l´ethnarque et patriarche Njie Bileck Masanik Manguele, « la racine pivotante du peuple bassaa ».

Certains diplômés et lettrés ont coutume d´émettre l´avis selon lequel l´atteinte de tout  « développement » — épanouissement de l´individu et de tout le groupe dont il/elle  est membre — passe par la réappropriation de la culture authentique du groupe. D´autres, excipant du fait que la langue est le véhicule de la culture, déclarent carrément que la connaissance de la langue nationale est le préalable à tout épanouissement de l´individu et du groupe auquel il ou elle  appartient. Un universitaire est allé jusqu´à prétendre que l´épanouissement [individuel et collectif] commencerait par exemple par l´apprentissage des noms [communs] des petits poissons qui nagent et vivent dans les rivières et fleuves de nos villages. Ces différents avis sensés ne sont cependant pas en mesure d´expliquer le manque de bien-être physique et moral que l´on observe souvent chez beaucoup de personnes vivant tant dans les villes que les campagnes. Un  jeune ethnarque~patriarche fait souvent remarquer que certains ethnarques vivent dans le dénuement — en dépit de leur enculturation évidente. Ceci prouve d´une part que l´enculturation ne produit pas automatiquement l´épanouissement de l´individu et du groupe, d´autre part que toutes les valeurs d´une culture ne sont pas nécessairement édifiantes, constructives, utiles et productives. Par ailleurs, cette indigence est souvent due à la raréfaction de la solidarité communautaire, au manque de notions de base pratiques en économie et gestion tout comme à la persécution que subissent tous les individus et groupes hostiles à la perversion et perversité de la coterie des fossoyeurs et fossoyeuses de l´essor et de la prospérité du Cameroun. La culture est « entendue ici dans son sens anthropologique. Elle désigne les modes de vie d´un groupe social: ses façons de sentir, d´agir ou de penser; son rapport à la nature, à l´homme, à la technique et à la création artistique. La culture recouvre aussi bien les conduites effectives que les représentations sociales et les modèles qui orientent ( systèmes de valeurs,ídéologies, normes sociales…)  » ( Jean-René Ladmiral et Edmond Marc Lipiansky 1989: 8-9).

D´ailleurs, toute culture peut traverser une période de décadence ou d´anomie, nuisible à l´épanouissement de l´individu ou du groupe. C´est la raison pour laquelle il y a un proverbe  bassaa qui illustre un tel affaiblissement:  « Mbok i bak makwo ma nyéé, Mbok kwok, Mbok nyodak (le mbok est comme la chute d´un chimpanzé, le mbok tombe et se relève)  » . Or, la période anomique que traverse une culture se caractérise par l´abandon des valeurs édifiantes, utiles, constructives et salutaires au profit des valeurs destructives. C´est exactement la situation que connaissent aujourd´hui le Cameroun,  les Camerounais et Camerounaises en général. Pour retrouver le rayonnement et l´épanouissement d´antan, il convient d´aller fouiller dans le passé pour redécouvrir, vulgariser et pratiquer les valeurs édifiantes et constructives.

L´essentiel de la Loi de Dieu, à l´intention du peuple juif en particulier et de l´ humanité en général. Ces 10 commandements furent remis et/ou communiqués au prophète Moïse.

Un vieil ethnarque~patriarche bassaa  [« mbombog », en bassaa] avait déclaré, il y a de cela quelques années, au crépuscule de sa vie, que les Bassaa [de l´Antiquité] et les Juifs de Moïse avaient puisé à la même source [spirituelle]. De plus, certains Bassaa ont toujours relevé des affinités entre la culture juive et la culture bassaa; d´autres soutiennent même mordicus que la culture bassaa serait  d´origine juive.  Pendant ce temps,  on rencontre une autre catégorie de Bassaa qui, bien que confessant leur aliénation culturelle actuelle et étant à la recherche de leurs origines et racines culturelles anciennes ou antiques, se montrent paradoxalement réfractaires à l´idée d´une source spirituelle commune aux Juifs de  Moïse et aux Bassaa [de l´Antiquité]. Cette dernière catégorie de Bassaa préconise[nt]  l´oubli des racines culturelles antiques des Bassaa et l´attachement à certaines pratiques irrationnelles, fussent-elles infructueuses pour l´individu et le groupe. C´est même la raison pour laquelle l´ethnarque évoqué ci-dessus expliqua que l´appellation de la confrérie  « Nkoda Ntoŋ » [ « la canne tordue » en français] proviendrait ou dériverait de la déformation de certaines valeurs culturelles bassaa.

Malgré l´anomie ambiante, les voix recommandant le retour et le recours aux sources et valeurs saines et constructives ne se laissent presque jamais réduire au silence. C´est ainsi que certains ethnarques et/ou patriarches bassaa préconisèrent, lors des réunions préparatoires à la fondation de l´association Mbogliaa, que cette  association fût et soit administrée et gérée sur la base de quatres principes et valeurs:

  1. l´honnêteté;
  2. la transparence;
  3. l´abstention de toute délation;
  4. l´abstention de toute déviation des principes et buts de cette association bassaa, bati et mpoo~bassaa.

Ces quatre principes et valeurs représentent aussi les principales valeurs culturelles des Bassaa, Bati et Mpoo~Bassaa. La personne bassaa, bati ou mpoo~bassaa qui fait litière de ces valeurs essentielles  prouve qu´il/elle ne respecte pas sa propre culture bassaa, bati et mpoo~bassaa.

Le respect scrupuleux de ces quatre principes et valeurs par tous les membres de toute communauté, structure ou organisation est la garantie de l´épanouissement individuel et collectif de ce groupe, de cette communauté ou de cette organisation. La décadence du Cameroun provient du non-respect de ces quatre principes fondamentaux et valeurs culturelles essentielles. 

Édéa, en Belle-Contrée ( « Niceland », en anglais).

Pour garantir le respect scrupuleux de ces quatre principes et valeurs, les ethnarques et/ou patriarches demandèrent aux personnes qui voulaient diriger cette association de « prêter serment » selon la culture ancienne des gens originaires de Ngok-Lituba.  Or, on ne peut pas blaguer avec la « prestation de serment » selon la culture ancienne des peuples originaires de Ngok-Lituba. Par exemple, l´ethnarque~patriarche mpo~bassaa (« Mpè Pèè  » ) Richard MBEP (Édéa) écrit dans son livre publié en 2010: « Dans son serment public, le vrai Mpè Pèè demande à la mort subite de le frapper au jour où volontairement il empruntera la route du faux, de la cruauté gratuite, de l´injustice, de la rancune: et cela ne peut rater » ( Richard MBEP 2010: 131).

En raison du postulat d´une source spirituelle commune aux Bassaa de l´Antiquité et aux Juifs de Moïse, il serait productif et révélateur de comparer les valeurs spirituelles des anciens Égyptiens à la Loi que Dieu donna à Moïse. Il convient de noter que les anciens Égyptiens étaient des Noir(e)s comme ceux qui vivent actuellement en Afrique subsaharienne. D´ailleurs, Hérodote, le « père de l´historiographie  » (Cicéron), l´affirme sans ambages dans le deuxième livre  de ses Histoires . Hérodote était un historiographe, géographe et ethnologue grec qui, comme plusieurs savants et érudits grecs, avait séjourné en Égypte pharaonique noire  pour y faire des recherches et son travail.

La tradition bassaa soutient que les Bassaa sont originaires du bassin du Nil. C´est aussi pour cela qu´on retrouve un nom comme Ntep ( Ntep est un ancien nom de l´Égypte pharaonique noire; Ntep est la version contemporaine du nom Imhotep, que l´on retrouve en Égypte pharaonique noire) chez les Bassaa du Cameroun. Il y a aussi des noms bassaa contemporains comme Um ( que l´on rencontre en Nubie/au Soudan, qui est le pays de Couch, fils de Cham), Kam ( version contemporaine et bassaa de Cham, fils de Noé; selon les sources juives, l´Égypte antique était le pays de Cham, cf. Psaume 105, verset 23;  selon l´histoire ancienne, l´Égypte pharaonique était le pays de Misr, fils de Cham; en bassaa, il y a Mis~ Bogmis) ou Pouth ( fils de Cham; le nom bassaa Pouth  s´écrit exactement de la même manière que  le nom du fils de Cham). De plus, il y a le nom bassaa Kaña; ce dernier dériverait de Canaan ( nom d´un autre fils de Cham).  

Source du Nil dans la partie ougandaise du Lac Victoria, près de la ville ougandaise de Jinja.

Il est un fait qu´une bonne partie de l´histoire des peuples de l´intérieur de l´Afrique est mal connue, occultée ou falsifiée. Par exemple, les sources juives nous apprennent que les Noir(e)s de l´intérieur de l´Afrique constituaient une superpuissance: « Terre, où retentit le cliquetis des armes, Au delà des fleuves de l’Ethiopie [il s´agit ici de l´Éthiopie ancienne ou Couch, c´est-à-dire le Soudan et le Soudan du Sud]! Toi qui envoies sur mer des messagers, Dans des navires de jonc voguant à la surface des eaux! Allez, messagers rapides, vers la nation forte et vigoureuse, Vers ce peuple redoutable depuis qu’il existe, Nation puissante et qui écrase tout, Et dont le pays est coupé par des fleuves  » ( Bible, Ancien Testament, Ésaïe 18:1-2). Les « fleuves de l´Ethiopie » ( l´Ethiopie ancienne, c´est-à-dire le Soudan et le Soudan du Sud) sont le Nil Blanc et le Nil Bleu. Tandis que le Nil Blanc prend sa source au Lac Victoria, près de la ville ougandaise de Jinja, le Nil Bleu prend la sienne au Lac Tana, en Éthiopie contemporaine. Le Nil Blanc et le Nil Bleu se rencontrent à Khartoum, au Soudan, y forment un seul fleuve, le Nil. Ce dernier traverse l´Égypte pour se jeter  dans la mer Méditerranée.

Les valeurs spirituelles des anciens Égyptiens sont consignées au chapitre 125 du Livre de la Sortie à la Lumière du Jour des anciens Égyptiens.

Il y avait certes des pratiques aberrantes et des idoles ou « faux dieux » en Egypte pharaonique noire. Mais nonobstant le culte rendu à ces faux dieux, le Dieu éternel ou l´Éternel, celui que les Bassaa appellent « Hilôlômbi » ( l´ancien des jourscf. Bible, Livre de Daniel, chapitre 7, versets 9 et 22) ou Nyambè y agissait et s´y manifestait aussi. Moïse, le prophète de Dieu, naquit et grandit en Égypte pharaonique noire. Le Seigneur Jésus-Christ vécut aussi en Égypte antique noire, avec et au sein de la population noire (cf. Bible, Nouveau Testament, Matthieu 2: 14). Le Dieu éternel avait annoncé, dans l´Antiquité,  le retour de ses adorateurs et adoratrices d´Afrique noire vers Lui ( le Seigneur éternel): « D’au delà des fleuves de l’Ethiopie [il s´agit ici de l´Ethiopie ancienne, c´est-à-dire le Soudan et le Soudan du Sud] Mes adorateurs, mes dispersés, m’apporteront des offrandes » ( Bible, Ancien Testament, Sophonie 3: 10). Tout ceci montre que certains ancêtres des Noir(e)s connaissaient l´Éternel, l´ancien des jours ou le Dieu éternel. Le chapitre 125 du  Livre de la sortie à la lumière du jour des anciens Égyptiens le prouve. 

L´analyse de ce chapitre 125  du Livre de la Sortie à la Lumière du Jour permettra de mettre en évidence les affinités entre la Loi spirituelle confiée à Moïse, le prophète de Dieu ou l´Éternel, et les valeurs spirituelles antiques des ancêtres des Africain(e)s dans le bassin du Nil. Ceci sera l´objet de la deuxième partie de cet article.

À suivre…

Auteur: National Triangle — Bôt-Makak, Cameroun
Print Friendly, PDF & Email

Share This:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *